MG Tech devient propriétaire de son usine de Saint-Aubin-du-Cormier

Pour un fabricant de machines, être locataire de son atelier n’a rien d’anormal. Devenir propriétaire, en revanche, montre qu’il compte rester. C’est le choix que vient de faire MG Tech, constructeur vendéen d’équipements de fin de ligne de conditionnement. Le groupe a racheté pour 4,3 millions d’euros le bâtiment de Saint-Aubin-du-Cormier, en Ille-et-Vilaine, où il produit depuis 2024. L’information a été publiée le 23 octobre par Bretagne Économique, puis reprise par L’Usine Nouvelle.

Un site breton qui devient un actif du groupe #

Le bâtiment acheté fait 5 500 m². Avant de s’installer à Saint-Aubin-du-Cormier en 2024, l’activité bretonne de MG Tech se trouvait à Val-d’Izé, un site qui, selon Le Journal des entreprises, ne permettait plus de s’agrandir. Le nouvel emplacement, au bord de l’axe Rennes-Caen, était jusqu’ici occupé sans que le groupe en possède les murs.

Avec cet achat, MG Tech est désormais propriétaire de ses trois sites de production français. Les deux autres se trouvent à La Chapelle-Achard (Vendée) et à Champtocé-sur-Loire (Maine-et-Loire). Selon Bretagne Économique, l’ensemble représente près de 13 000 m² bâtis sur un foncier d’environ 50 000 m², dont une réserve de 26 000 m² encore disponible.

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« L’acquisition du bâtiment de Saint-Aubin-du-Cormier, d’une surface de 5500 m², vient compléter nos sites de La Chapelle-Achard (Vendée) et de Champtocé-sur-Loire (Maine-et-Loire), dont nous sommes déjà propriétaires », explique Xavier Lucas, directeur général du groupe, cité par L’Usine Nouvelle.

Ce que fabrique MG Tech #

MG Tech ne fabrique ni les produits ni les emballages. Il conçoit les machines qui interviennent après la production, au moment de préparer les colis et les palettes. Ce maillon, qu’on appelle la fin de ligne, a souvent été le dernier à être automatisé dans les usines agroalimentaires, cosmétiques ou pharmaceutiques.

De la caisse en carton à la palette filmée

Le groupe couvre la plupart des étapes de cette fin de ligne. Il met en volume les caisses à partir de cartons à plat, puis y range les produits, ce qu’on appelle l’encaissage. Viennent ensuite la palettisation robotisée et la transitique, c’est-à-dire les convoyeurs et les systèmes qui acheminent les charges d’un poste à l’autre. Le site de Saint-Aubin-du-Cormier est spécialisé dans les machines standardisées et les robots mobiles.

Pourquoi ce maillon intéresse autant les industriels

En fin de ligne, l’opérateur répète des gestes de manutention, soulève des cartons et les empile sur des palettes à hauteur variable. Ce sont des postes pénibles et difficiles à pourvoir. Ils sont aussi peu valorisants. L’automatisation y apporte d’abord une cadence régulière. Elle permet aussi de changer de format plus vite quand une même ligne alterne plusieurs références. Pour un intégrateur comme MG Tech, la difficulté tient moins au robot lui-même qu’à l’ingénierie qui l’entoure : préhension adaptée à chaque produit, sécurité des zones de travail, échanges avec les machines placées en amont.

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80 salariés en Bretagne, un objectif de 50 millions d’euros #

Le site breton emploie 80 personnes. Selon Bretagne Économique, le groupe compte plus de 220 collaborateurs sur ses trois sites de production français, pour un chiffre d’affaires d’environ 35 millions d’euros (L’Usine Nouvelle parle de 33 millions). L’objectif affiché est d’atteindre 50 millions d’euros dans les prochaines années.

L’achat immobilier s’accompagne d’un second levier. MG Tech bénéficie d’un prêt Croissance de Bpifrance, dont le montant n’a pas été rendu public, pour financer le développement de nouveaux produits et renforcer son service innovation. « Ces deux opérations sont très complémentaires et s’inscrivent pleinement dans notre plan stratégique 2029 », résume Xavier Lucas dans Bretagne Économique.

Être propriétaire, un choix industriel #

Pour une PME industrielle, posséder ses murs n’est pas qu’une question de patrimoine. Elle n’a plus à craindre la fin d’un bail et peut installer plus librement des équipements lourds, comme des ponts roulants, des zones d’essais ou des cellules robotisées de démonstration. Elle peut aussi planifier une extension sans dépendre d’un bailleur, ce qui compte quand le carnet de commandes progresse.

La réserve foncière de 26 000 m² mentionnée par Bretagne Économique va dans ce sens : le groupe garde de quoi grandir sans déménager une nouvelle fois. C’est justement le manque de place qui l’avait poussé à quitter Val-d’Izé.

Ce qu’il faut retenir #

Le dossier MG Tech illustre une tendance assez discrète de l’industrie française. Ce sont souvent des constructeurs de machines spécialisées, peu connus du grand public, qui équipent les usines de leurs clients. Leurs investissements passent par des choses concrètes : des murs, de la surface d’atelier et des bureaux d’études. Pour les industriels qui veulent automatiser leurs fins de ligne, avoir des fournisseurs implantés durablement en France, avec un service après-vente proche, reste un critère de choix. Le groupe vendéen en fait clairement un argument.

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