Sparcraft à Sainte-Soulle : une usine de mâts intégrée, de l’usinage de 22,5 mètres à l’anodisation

Sparcraft a regroupé toute sa production de mâts à Sainte-Soulle, près de La Rochelle, dans une usine de 21 millions d’euros inaugurée fin septembre. Pour un industriel de la pièce longue, l’intérêt tient moins aux mètres carrés qu’à une question de flux : usiner, souder, anodiser et peindre sous un même toit.

En bref
  • Enveloppe de 21 M€, dont 9 M€ d’équipements.
  • Deux centres d’usinage de 22,5 mètres et des bacs d’anodisation de 23 mètres.
  • Objectif annoncé : 1 500 mâts et bômes par an, dans un marché du voilier en recul.

Que réunit le site de Sainte-Soulle ? #

D’après AquitaineOnLine, le projet baptisé « Spartacus » compte 9 725 m² de bâtiments sur un terrain de 23 500 m². Il devient l’unique lieu de production de cette filiale du groupe Wichard, à la place de Périgny, en Charente-Maritime, et de Saint-Vaast-la-Hougue, dans la Manche.

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La revue américaine PCI Magazine date l’inauguration du 25 septembre et insiste sur la finition intégrée, avec anodisation et thermolaquage sur place. Toujours selon AquitaineOnLine, l’usinage, la soudure, l’assemblage, la peinture et le gréement cohabitent désormais, alors que la peinture était jusqu’ici sous-traitée.

Pourquoi des machines de plus de 22 mètres ? #

Parce que le produit dicte la machine. Un mât en aluminium est un profilé très long, et usiner une telle pièce demande une course et un bridage que le parc d’un atelier classique n’offre pas. Les deux centres de 22,5 mètres, chiffre attribué à Multicoques Mag par AquitaineOnLine, répondent à cette contrainte, de même que les bacs d’anodisation de 23 mètres, dimensionnés pour recevoir le profilé.

Ces longueurs ont un coût caché qu’on oublie souvent. Une ligne pensée pour la pièce la plus longue occupe la même surface, que l’on traite un grand mât ou une bôme courte. La rentabilité dépend donc du plan de charge et de la façon de regrouper les pièces, davantage que de la seule capacité affichée.

Que change le regroupement pour le flux ? #

Deux sites éloignés, une finition en partie externalisée : le schéma précédent multipliait les transports de pièces encombrantes et les délais d’attente. Tout intégrer raccourcit le trajet, et rend les retouches plus faciles à traiter, puisque le défaut constaté en finition remonte vers l’usinage ou la soudure sans changer d’entreprise.

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Cette logique a son revers. L’atelier reprend à sa charge des procédés de surface exigeants, avec bains, effluents et compétences dédiées. Le communiqué de 2025 mentionnait d’ailleurs une station de traitement des effluents. Un sous-traitant absorbait auparavant une partie de ce risque, que l’entreprise porte désormais seule, avec le remplissage de la ligne qui va avec.

Combien ça coûte, et qui paie ? #

Les 21 M€ se décomposent en 12 M€ de bâtiment, porté par le promoteur Pegasus REIM et loué sur un bail de vingt ans, et 9 M€ d’équipements. Un quart de ces derniers vient des fonds propres, grâce à la vente du site américain de Charlotte, et le reste d’un emprunt bancaire.

Le montage mérite l’attention d’une PME. Louer les murs libère la trésorerie pour l’outil de production, au prix d’un engagement de très longue durée. La machine reste l’actif qui rapporte, et le bail une charge fixe, quel que soit le niveau d’activité.

Le pari tient-il dans un marché en baisse ? #

C’est le point à surveiller. Le site annonce environ 1 000 mâts et bômes par an aujourd’hui, et vise 1 500 unités et 20 M€ de chiffre d’affaires d’ici trois à quatre ans. Ces chiffres viennent de l’entreprise et n’ont pas été recoupés. La présentation de 2025 parlait aussi de la plus grande unité de mâts d’Europe, une affirmation qu’AquitaineOnLine dit n’avoir pas pu vérifier.

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En face, la production française de voiliers a reculé de 27 % en 2024-2025, à 2 373 unités, d’après la Fédération des industries nautiques citée dans le même article. Sparcraft compte sur le catamaran, qui pèse 43 % des unités et 74 % de la valeur. L’investissement revient à parier sur un segment, avec environ 70 salariés et une vingtaine de recrutements annoncés, sans que le nombre réalisé soit précisé.

Questions fréquentes #

Sparcraft ferme-t-elle ses anciens sites ?

Oui, la production quitte Périgny et Saint-Vaast-la-Hougue. Selon AquitaineOnLine, ce dernier site doit être vendu en 2027.

Combien de centres d’usinage compte l’usine ?

Deux centres de 22,5 mètres sont cités, d’après Multicoques Mag, repris par AquitaineOnLine.

L’objectif de 1 500 unités est-il garanti ?

Non. Il s’agit d’une annonce de l’entreprise, à trois ou quatre ans, dans un marché du voilier orienté à la baisse.

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